Mozart, et ta sœur ?

Sonate en trio pour deux violons et récitante

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L’équipe

Marc Liardon
violoniste
Marc Liardon - violoniste
Venu d’un coin de pays célèbre pour ses montres et ses fromages, Marc Liardon commence ses études musicales professionnelles chez Anne-Marie Jaquerod et les termine par une virtuosité chez Jean Jaquerod. Après quelques cours en Hongrie, il est admis à l’Orchestre de chambre de Genève et est engagé comme professeur de violon pour une classe d’une vingtaine d’élèves à l’Ecole de musique de la Vallée de Joux. Les tangos de Piazzolla avec le groupe 54Astor et la musique cubaine avec Sigavolando remplissent sa vie de genres musicaux pluriels. Au théâtre, il a tenu le rôle de « premier » dans la pièce d’Eric Westphal : Mozartement vôtre, aux côtés de Maurice Baquet.
Catherine Plattner - violoniste
Catherine Plattner débute l'étude du violon avec Judith Berenson à Genève et accomplit son perfectionnement à la Kayaleh Violin Academy. Lauréate de plusieurs concours elle enregistre un premier cd consacré aux oeuvres de Mario Pilati en 2005. Toujours désireuse d’élargir ses connaissances, elle obtiendra un post-grade de violon baroque chez Florence Malgoire avec félicitations du jury. Catherine Plattner travaille à l’orchestre de chambre de Genève, violon solo à l’opéra-studio de Genève et est membre de plusieurs ensembles tels que l’Ensemble Baroque du Léman, les Paladins et la Chambre Philharmonique.

Catherine Plattner
violoniste
Nathalie Boulin
comédienne
Formée au Conservatoire d’art dramatique de Lausanne (Prix d’interprétation), Nathalie Boulin est active depuis plus de 20 ans sur les scènes théâtrales de Suisse, de France et de Belgique. Elle a fondé sa propre compagnie, Le Facteur Sensible (trois créations à son actif), et peut s’enorgueillir d’avoir collaboré avec une vingtaine de metteurs en scène, de Denis Maillefer à Dominique Catton.
Après avoir été Valaisan, chef de chœur, guitariste, assistant éditorial, musicologue et globetrotteur, Thierry Raboud est désormais journaliste culturel au quotidien "La Liberté" (finaliste Prix Chuard 2016). Il n’a pas de temps libre, alors il le passe à écrire.
Thierry Raboud
auteur
Florence Magni
scénographie, costumes
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La création

L'Homme se crée les génies dont il a besoin.

La création a eu lieu les 22, 23, 24 et 25 septembre 2016 au
Casino Théâtre de Rolle

Durée : 1h15
Violonistes : Catherine Plattner, Marc Liardon
Comédienne : Nathalie Boulin
Texte : Thierry Raboud
Coproduction Compagnie Arcanes et Casino Théâtre de Rolle
Sur une idée d'Anne-Marie Jaquerod

Tout a été dit, écrit, pensé, sur Mozart, l’enfant aimé des dieux devenu prince des compositeurs. Mais peut-être a-t-on juste oublié l’essentiel. Wolfgang Amadeus avait une sœur, aimée que de son père mais talentueuse elle aussi. Nannerl. Rien n’a été conservé d’elle, ou si peu, quelques lettres, une courte trajectoire qui part de la musique pour s’échouer dans un terne mariage ponctué de naissances et de morts. Son malheur : avoir été femme, à une époque où l’art était chose trop sérieuse pour pouvoir être confiée au beau sexe. Aujourd’hui, sa figure reste essentielle pour comprendre Mozart comme un homme plutôt que comme un génie tombé du ciel.

Deux violons interprètent ses plus belles pages, alors qu’une descendante de Nannerl intervient pour livrer sa vision de l’histoire. Pas d’emphase ni de pédagogie dans cette pièce – concert théâtral autant que monologue musical – qui juxtapose une narration franche et une suite musicale respectueuse. Comme pour rappeler cette évidence : l’Homme se crée les génies dont il a besoin.

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La musique

Les œuvres, composées par Wolfgang Amadeus Mozart, sont jouées dans des adaptations pour deux violons. Dans l’ordre d’apparition :

  1. Une petite musique de nuit KV 525 (premier mouvement)
  2. Sonate en Ré majeur KV 311 (trois mouvements)
  3. Allegro en Sib majeur, KV3
  4. Marche turque, KV 331
  5. Sonate en Sib majeur, KV 378 (trois mouvements)
  6. Six airs extraits de La Flûte enchantée KV 620
  7. Romance extraite de la Petite musique de nuit KV 525
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Le texte

Pour mettre en relief, entourer, commenter ou sublimer les pièces musicales, le texte de Thierry Raboud choisit de se tenir à distance de toute pédagogie. Pas de dates, de déblatérations musicologiques, de considérations historiques. Mais de l’humour et un ton vif, cinglant. De quoi donner corps au personnage et faire vivre la musique classique. Qui a tout à y gagner.

Extraits

Faut-il nécessairement traverser ce pont de douleurs pour mettre le pied sur des rives où tant d’autres ont déjà débarqué ? Oui, j’aimais Mozart, mais tout le monde aime Mozart. Comme on aime reconnaître ce que l’on connaît déjà. Comme on aime se nourrir de ce que d’autres ont digéré pour nous. Comme on aime l’idée rassurante que la perfection, quelque part, existe.

A chaque époque sa beauté. Mais il en est qui irradient par-delà les siècles. Alors on s’empare de ces délicatesses avec la peur d’essouffler le miracle. On se laisse précautionneusement glisser sur ces pages usées par l’histoire, lissées par les crins de milliers d’archets. Qu’y a-t-il encore à en tirer ? Un peu de joie peut-être ?

Un miracle? Vous n’y pensez pas. Mozart : fantasque, fêtard, tenace dans son espièglerie. Un gamin génial, évidemment. Mais le vrai miracle, n’est-ce pas cette grande sœur Nannerl, fille de persévérance? Car Herr Leopold Mozart était un père ambitieux, qui ne se contentait pas de discourir. Oui, Nannerl sera son premier miracle, où le talent, l’effort et le plaisir se tiennent la main. Et dansent.

Une enfance trop parfaite, il fallait bien que quelque chose se passe. Dysfonctionne. Je me suis lancée, applaudissements, lumières vives, silence. L’angoisse qui percute les tempes, éclabousse les tympans, déferle dans le bas du ventre. Le crin crie et s’effiloche. Un futur s’émiette. La fin de quelque chose. Et l’enfant soudainement, devint adulte.

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